« Je ne me suis jamais sentie aussi libre » : le déclic de Stéphanie, acheteuse globe-trotteuse

Salut ! 

Aujourd’hui j’ai le plaisir de poursuivre la série des interviews Déclic(s) avec une des personnes les plus chères à mon petit coeur.

Stéphanie est ma soeur. L’aînée. Celle partie du foyer parental en premier, qui a proof-testé la vie avant que les autres ne se lancent à leur tour. Dans le cadre du Déclic(s)#2, je me concentrerai sur une époque particulière de sa vie qui a fait passer sa carrière et sa qualité de vie au niveau supérieur : sa candidature a un Volontariat International en Entreprise (ou VIE) en Australie, à 28 ans. 

Le VIE ça vend du rêve. Ce contrat de travail est l’occasion de vivre une expérience à l’étranger qualifiante et enrichissante, tout en ayant un salaire plus ou moins normiche. Les places sont très limitées, et d’habitude réservées pour des jeunes diplômés. L’année ou Stéphanie est partie, elle a été sélectionnée dans une short list de plusieurs milliers de candidats… pour être finalement la seule retenue.

Au delà de cette réussite, ce qui m’inspire c’est le courage que Stéphanie a eu en remettant en question l’idéal de vie qu’elle envisageait jusque là, et ce que cette décision de s’expatrier seule de l’autre côté de la planète lui a apporté, que ce soit en termes de voyages, de rencontres ou encore d’ouverture d’esprit

De la grisaille de l’Ile de France à l’Australie en passant par l’Amérique Latine ou encore le Japon, on discutera avec toi (oui, toi 🙂 ) jeudi 29 octobre de 18h30 à 19h30 du parcours de Géniale qu’elle s’est autorisée à vivre ! Pour réserver ta place à cette rencontre afterwork en ligne, clique sur ce lien

Je te laisse faire connaissance avec Stéphanie, acheteuse globe-trotteuse, et te dis à très bientôt pour la prochaine rencontre Déclic(s) !

–        Peux-tu te présenter ?

Stéphanie, 33 presque 34 ans, je vis à Bruxelles, je suis actuellement Responsable Achats Adjointe à la Croix Rouge de Belgique et je suis en couple depuis 2018 avec mon compagnon rencontré lors d’un voyage longue durée en Colombie après mon aventure Australienne et avant mon retour en Europe.

–        Pourrais-tu m’en dire plus sur la situation qui t’a amenée à postuler pour un VIE en Australie ?

Le choix de la destination a précédé le type de contrat. Tout a commencé à l’âge de 16 ans où j’ai eu l’opportunité au lycée de faire un voyage scolaire à Perth (Australie) alors que je vivais à l’Ile de la Réunion. C’est un voyage qui m’a marquée et depuis lors, j’ai eu l’envie d’y aller vivre un jour. Je la considérais à l’époque comme un fantasme, car vivre à l’étranger supposait pour moi d’avoir des parents assez riche pour te permettre d’accéder à ce type d’opportunité. C’est donc resté de l’ordre du rêve ou plutôt un fantasme dormant pendant de très longues années.

La vie a poursuivi son cours, j’ai entrepris des études d’anglais, puis de tourisme pour finalement me réorienter dans le domaine des Achats. A l’issue de mon master en alternance, j’accepte un poste d’acheteuse Fonderie auprès d’une PME dans le Nord de Paris. Sur le papier la mission me plait et je décide à contre cœur de m’installer dans le nord de Paris, à Goussainville, afin de me rapprocher de mon lieu de travail en Décembre 2014. 

Je me rends compte très vite que le poste ne me plait absolument pas et que je déteste mon environnement de vie. La répétition d’incidents qui suit mon arrivée me conforte dans l’idée qu’il est hors de question que je reste dans cette entreprise. A ce moment-là je me demande quoi faire. Je me souviens que quelques mois avant j’avais refusé un poste à l’étranger « par amour » (pour finalement rompre avec cette personne quelques semaines plus tard).

Et là, EURÊKA ! Pourquoi ne pas partir à travailler à l’étranger ? Il n’y a pas eu de choix de destination puisque l’évidence même était d’aller travailler en Australie. Puis, je me suis souvenu d’un ami en Master qui m’avait parlé du VIE. A l’époque, je ne pensais pas que c’était pour moi. J’étais trop « âgée », et quelle folie de croire que sur des milliers de personnes je pourrais être prise.

Mais en Mars 2015 je démarre ce que j’ai appelé le « Kangourou Project ». Je passe des heures et des heures à peaufiner ma stratégie de sortie et mon projet de rêve. Etrangement (ou pas), mon enthousiasme revient, et j’ai la force d’aller chaque jour au bureau. Sur la table se trouve ma stratégie financière et mes options de candidatures. La machine est lancée !

–        Avais-tu des peurs avant de te lancer ? D’où venaient-elles selon toi ?

En amont du « Kangourou project », ma seule peur était de ne pas trouver de travail en Australie, que mon profil ne soit pas attrayant à l’étranger et que je doive rester dans un schéma de vie qui ne me correspondait plus. Je ne connaissais qu’une personne qui avait fait un VIE et aucune personne dans mon entourage proche qui avait sauté de le pas de changer de pays et de travail d’une telle façon.

La façon dont je fonctionne dans la vie est d’identifier les risques et d’y trouver des solutions/plans. Aussi, dès le départ j’ai eu un plan A, B et C avec une idée de comment pallier à x déconvenues. C’est donc forcément plus rassurant.

Sans avoir de doutes particulier sur ma capacité d’adaptation et de résilience, il fallait juste que l’on me donne une chance. Les places sont chères, les contrats d’expats de moins en moins prisés car trop cher…pressure in ON !

–        Lesquelles se sont confirmées ? Lesquelles étaient finalement surestimées ?

Trouver un emploi en Australie est très difficile. C’est un pays extrêmement attractif (qualité de vie et salaire) et pour cela travailler en Australie se « mérite » mais nécessite aussi de la chance. Malgré une confiance certaine en mon CV et compétences, je n’avais aucun retour sur mes candidatures, mon réseau professionnel ne pouvait pas m’aider et le site pour le VIE n’offrait aucun poste en Achats en Australie – tous les postes se trouvaient aux USA, Asie ou Moyen-Orient. Ce qui a été le plus dur a été de rester motivée et ne pas perdre espoir.

–        Quelles autres choses as-tu dû remettre en question ou abandonner pour passer à l’action ?

Concrètement de Mars 2015 à Août 2015, j’ai arrêté toutes les sorties et dépenses superflues. Mon objectif étant de partir avec 10.000 €. Au travail j’ai dû laisser passer de nombreuses situations négatives ce qui moralement était difficile car l’objectif était de tenir le coup jusqu’au moment où je pourrais poser ma démission sachant qu’un autre contrat m’attendrait.

–        Sur quelles forces et ambitions as-tu pu au contraire t’appuyer pour aller au bout de ton projet ?

Mon inconfort au travail, la possibilité infime et pourtant réalisable de réaliser un rêve d’enfant, enfin, ma détermination. Coûte que coûte je trouverai un moyen de partir. J’ai beaucoup travaillé en mode d’auto-cheerleading et avec le support des personnes que j’avais mis dans la confidence.

–        En quoi ton entourage t’a t il aidé (ou moins aidé) à réussir ?

Depuis la fin du lycée j’ai eu ce qu’on appelle un parcours « atypique », ce qui vient avec son lot de jugements et d’incompréhension des personnes extérieures. J’ai donc établi une stratégie et procéder par étape afin de protéger un projet qui m’était cher.

La 1ere et seule personne pendant un long moment a été une amie avec laquelle j’ai fait mes études supérieures Achats. C’est quelqu’un que je respecte professionnellement et qui a réalisé son rêve d’aller à NYC via un VIE. Elle a été ma cheerleader dans mes moments de doutes et réussites, elle comprenait les enjeux de notre métier et cette idée qu’il n’y a pas qu’une voie professionnelle pour réussir.

Une fois plus avancée sur mon projet, j’ai communiqué l’information à quelques amis proches et j’ai été déçue des premiers mots échangés : « Mais tu vas quitter un CDI comme ca ?, moi je ne pourrais jamais faire ca» « Tu pars toute seule et tu ne connais personne ? » « Mais comment tu vas faire si ca ne marche pas » « Ah…c’est intéressant mais… »… Que de positivité ! (eye roll). Enfin, a contrario, j’en ai parlé à mon frère et ma sœur (note de l’éditrice : c’est moi ^^!) qui m’ont tout de suite encouragée.

J’ai sollicité les conseils de 2 anciens collègues et amis au moment où je me suis trouvé dans une impasse et avait besoin d’une vision senior métier/soutien moral. Il s’est avéré que quelques jours avant de passer mon entretien auprès de Volvo Trucks Australia, une personne de mon réseau m’a proposé une offre d’emploi d’acheteur. A ce moment-là je n’avais aucun retour positif de l’Australie, j’ai donc décidé d’accepter le poste en CDD et signé le contrat en précisant lors de l’entretien que mon but était de vivre en Australie. Quelques jours plus tard, je passe un entretien avec Volvo, c’était un Mercredi. Le Vendredi, ils m’annoncent que je suis prise. Mes collègues m’ont donc aidé à relativiser et à saisir cette opportunité. En effet, j’ai eu un moment où je n’ai pas voulu décevoir cette personne de mon réseau professionnel et revenir sur ma parole. Maiis….. Australiiiie !

A partir du moment où j’ai reçu le document officiel confirmant que j’allais partir en Australie, j’ai propagé la nouvelle au sein de mon entourage y compris mes parents. De manière générale, j’ai eu des retours positifs « Wow la chance ! » « Mais comment tu as fait ? »… Ce qui était très appréciable mais je note qu’il est beaucoup plus facile de soutenir quelqu’un lorsqu’un projet a « déjà réussi » que lorsque qu’il est encore dans une phase de construction. Aussi, peu importe ma joie et fierté à elle seule faisait taire ces voix pas toujours si encourageantes.

–        Qu’est-ce que ce changement de vie t’a apporté ?

Le changement le plus impactant a été d’expérimenter et être témoin de possibilité qui sorte d’un standard que notre société promeut. J’ai vu des familles, des femmes seules, des jeunes et moins jeunes, des personnes « non riche » poursuivre leurs rêves de voyager et/ou de vivre et s’installer à l’étranger.

J’ai également découvert ce qu’était une qualité de vie. Je l’ai expérimenté non pas d’un point de vue Marketing d’entreprise mais véritablement de faire un travail que j’aime et pour la première fois dans ma vie avoir du temps après le travail pour moi, de pouvoir utiliser mon salaire pour me faire plaisir (hors shopping^^).  A Brisbane, je pouvais régulièrement rentrer chez moi à 17h/17h30 et j’avoue que les premières semaines ont été très dures. Je n’avais jamais été habitué à n’avoir « rien à faire » aussi tôt dans la journée. J’avais désormais une vie après le travail et dans un environnement incroyable.

D’un point de vue financier, ma gestion budgétaire a complètement changé. Avant l’Australie je gagnais bien ma vie pour mon âge et dépensait majoritairement mon argent dans du shopping. Le « Kangourou project » m’a obligé à réviser mes dépenses pour économiser le plus possible. Désormais, je fais moins de shopping et je fais moins de dépenses d’envie ponctuelle comme mon cappuccino matinal à 4.50€ chaque jour ouvré de la semaine. Je consacre la majorité de mon argent disponible pour des weekends ou des voyages.

En termes de relation je privilégie les relations positives et où les deux parties font des efforts pour entretenir cette relation. Partir loin a changé certaines amitiés et en a renforcé ou créer d’autres.

–        Quelles seraient les raisons pour lesquelles tu ne reviendrais pour rien au monde sur ton parcours/ta décision ?

Je ne me suis jamais sentie aussi libre, fière et heureuse qu’en ayant réalisé ce projet qui pendant tant d’année a été de l’ordre du fantasme. Lorsque tu goutes à une qualité de vie, découvre l’infini possibilité qui s’offre à toi tu te rends compte qu’au final il s’agit d’un choix de vie, de sacrifices et non de chance ou d’argent. Tout le monde n’est pas prêt ou n’a pas envie de faire l’expérience que j’ai eue. Néanmoins, je crois que chacun d’entre nous est responsable de notre bonheur et choix de vie. Ce sont les raisons pour lesquelles je ne reviendrais pas vivre à Paris ou retourner dans un schéma ou mon quotidien tourne autour du travail.  J’ai appris à mieux m’écouter, je sais être beaucoup plus patiente que je ne le pensais quand il s’agit d’atteindre ce que je veux et que rien n’est impossible.

–        Quelle est la prochaine étape pour toi ?

Mon expérience actuelle en Belgique a été l’opportunité de vivre avec l’homme que j’aime, de commencer notre vie de couple, de travailler dans l’humanitaire et de lancer de nouveaux projets. J’ai toujours l’idée d’expérimenter de nouveau la vie d’expat un jour mais cette fois-ci j’aurais de la compagnie. J’affine actuellement un projet de vie avec mon compagnon qui me/nous permet d’avoir cette qualité de vie jadis connue (qui ne sera pas en Belgique ^^) et mes stratégies sont en cours d’exécution. Affaire à suivre…

Pour rencontrer Stéphanie et lui poser tes questions sur le VIE, l’expatriation ou tout simplement comment oser se réinventer professionnellement 😉 ne manque pas la rencontre Déclic(s)#2 qui aura lieu jeudi 29 octobre de 18h30 à 19h30

Réserve ta place (ou ton replay si tu ne peux pas être présente) en t’inscrivant via ce lien 

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Amélie Mansard
Amélie Mansard

Coach intuitive et décalée, je réconcilie les jeunes femmes avec leur potentiel pour les guider vers une vie professionnelle plus engagée et épanouie.

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